Un salarié de 35 ans, salaire brut 2 800 €, se fracture le poignet. Trois jours de carence sans un euro, puis 41,95 € bruts par jour de la Sécu jusqu’au 8e jour, où l’employeur prend le relais à 90 % du salaire pendant un mois, à condition d’avoir un an d’ancienneté. Un artisan au même salaire, dans la même situation, ne perçoit que sa propre indemnité SSI, calculée sur ses trois dernières années de revenus déclarés, sans aucun relais automatique d’employeur. L’écart de traitement entre les deux profils est considérable, et rarement anticipé avant d’y être confronté.
En bref : sans prévoyance complémentaire, un salarié en arrêt de travail subit 3 jours de carence totale, puis une indemnisation Sécu plafonnée à 41,95 € bruts par jour (50 % du salaire, plafonné à 1,4 SMIC), avant un éventuel relais employeur à partir du 8e jour sous condition d’ancienneté. Un travailleur indépendant ne bénéficie d’aucun relais automatique : son indemnité, plafonnée à 65,84 € par jour en 2026, peut même être nulle si ses revenus déclarés sont trop faibles.
Le salarié : trois strates de protection, pas toujours activées
Pour un salarié du secteur privé, la protection en cas d’arrêt de travail se décompose en trois temps. D’abord, 3 jours de carence pendant lesquels aucune indemnité n’est versée par la Sécurité sociale, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Ensuite, à partir du 4e jour, l’Assurance maladie verse une indemnité journalière égale à 50 % du salaire journalier de base, plafonnée à 41,95 € bruts par jour en 2026 (le salaire pris en compte est limité à 1,4 fois le SMIC mensuel). Enfin, à partir du 8e jour, si le salarié justifie d’au moins un an d’ancienneté, l’employeur doit compléter à hauteur de 90 % du salaire brut pendant 30 jours minimum, sauf accord de branche plus favorable.
Le point de vigilance majeur concerne les 3 premiers jours et les salariés sans un an d’ancienneté : dans ces situations, aucun relais automatique n’existe, et la perte de revenu est immediate et totale sur cette période.
Le travailleur indépendant : une indemnisation plus faible, sans relais employeur
Pour un travailleur non salarié affilié à la Sécurité sociale des indépendants, le même délai de carence de 3 jours s’applique. L’indemnité journalière est ensuite calculée sur la base de 1/730e du revenu d’activité annuel moyen des trois dernières années, plafonnée au montant du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit un maximum de 65,84 € par jour en 2026.
Deux différences majeures avec le régime des salariés méritent d’être soulignées. D’abord, aucun relais employeur n’existe : l’indemnisation SSI constitue le seul revenu de remplacement, sans complément automatique. Ensuite, si le revenu d’activité annuel moyen sur les trois dernières années est inférieur à 10 % du PASS (4 806 € en 2026), l’indemnité journalière est tout simplement nulle : un indépendant en début d’activité ou avec des revenus modestes peut se retrouver sans aucune ressource en cas d’arrêt de travail.
Simuler la perte réelle sur un mois d’arrêt
Prenons un salarié à 2 500 € brut mensuel, en arrêt un mois complet, avec plus d’un an d’ancienneté. Sur les 3 premiers jours : 0 €. Du 4e au 7e jour : environ 33 € bruts par jour de la Sécu. Du 8e au 30e jour : 90 % du salaire brut versé par l’employeur, en subrogation des IJ. Perte nette approximative sur le mois : quelques centaines d’euros, essentiellement concentrées sur les 3 premiers jours.
Pour un indépendant au même niveau de revenu, sans prévoyance : 3 jours à 0 €, puis environ 41 € bruts par jour (2 500 € × 12 / 730) jusqu’à la fin du mois. Perte nette sur le mois : souvent plus de 1 000 €, sans aucun mécanisme de rattrapage. C’est précisément cet écart que vient combler une prévoyance individuelle bien calibrée, avec un délai de franchise choisi en cohérence avec la trésorerie disponible.
Foire aux questions
Combien de jours de carence avant de toucher des indemnités en arrêt de travail ?
3 jours pour les salariés comme pour les travailleurs indépendants, période pendant laquelle aucune indemnité Sécu n’est versée, sauf convention collective plus favorable.
Quel est le plafond des indemnités journalières Sécu pour un salarié en 2026 ?
41,95 € bruts par jour (42,97 € pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026), soit 50 % du salaire journalier de base plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel.
Un travailleur indépendant peut-il toucher 0 € d’indemnité ?
Oui, si son revenu d’activité annuel moyen des 3 dernières années est inférieur à 10 % du PASS (4 806 € en 2026), aucune indemnité journalière n’est versée par la SSI.
L’employeur maintient-il automatiquement le salaire en cas d’arrêt ?
Seulement à partir d’un an d’ancienneté et à compter du 8e jour d’arrêt, à hauteur de 90 % du salaire brut pendant 30 jours minimum, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Sources officielles : les IJ salarié sur Ameli.fr et les IJ des artisans-commerçants sur Ameli.fr.
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Article rédigé par Marc Rousseau, conseiller en assurance DDA, spécialiste des garanties de prévoyance.